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Can Akin : Strasbourg - Objectif atteint
Can Akin : Strasbourg - Objectif atteint
C’était au printemps de l’année 2007, je me suis dit que je devrais partir en France. Non seulement parce que je voulais voir autre chose, mais pour faire connaissance d’une culture étrangère qui est aussi proche en même temps. J’avais des amis qui avaient ou allaient faire la même chose, mais aux États-Unis, et mes autres amis n’ont jamais compris pourquoi j’avais choisi Strasbourg, ils auraient compris si j’avais voulu aller à Paris mais en Alsace ? Moi, j’avais mes raisons, j’y suis déjà allé et j’ai adoré cette ville, les gens et évidemment la nourriture. Le Gymnase Jean Sturm est le partenaire de mon établissement à Stuttgart, cela m’a permis de réaliser cet échange plus facilement, sans organisations etc. Je voulais devenir interprète, le meilleur moyen d’apprendre une langue, c’est de vivre dans ce pays. Moi, je passerai une année scolaire à Strasbourg, pour être capable de dire en rentrant que je connais l’Alsace.
En arrivant à Strasbourg, j'étais plein d'attentes. Je voulais perfectionner mon français, élargir mon savoir sur la culture française, jouer dans un club de foot français, mais aussi rencontrer de nouvelles personnes, je voulais être triste en rentrant.
Il était prévu que je sois accueilli par 4 familles : je devrais d'abord vivre chez les de Turckheim pendant 3 mois. J'étais content, tout était nouveau pour moi, bien que je sois déjà venu à Strasbourg dans le cadre de l'échange.
En septembre et en octobre, tout marchait comme prévu : J’ai trouvé un club de foot et beaucoup de nouveaux amis, surtout les garçons du club avec lesquels j'ai passé la plupart du temps.

Strasbourg, c’est tellement différent de Stuttgart. C’est une ville médiévale, alors que Stuttgart est moderne puisque la ville a été en grande partie détruite après la 2nde guerre mondiale et qu’il a fallu la reconstruire. Strasbourg, c’est aussi plus petit que Stuttgart. On est mobile à vélo, c’est également plus pratique qu’en tram ou en voiture. A Stuttgart par contre, on circule souvent mieux en voiture. Mais je trouve que les 2 villes sont très belles. Je préfère quand même Strasbourg, puisqu’il y a plus d’espaces verts et plus d’endroits calmes pour se reposer et regarder la beauté de cette ville.
En novembre, ma famille d'accueil m'a proposé de rester chez eux, si j'avais envie. J'ai accepté puisque la 2ème et la 3ème famille habitaient assez loin de l'école et du club. Je passerais les 5 dernières semaines dans une autre famille.
Il commença à faire froid à la mi-novembre et moi j'avais mal le mal du pays. Je me suis souvent ennuyé. C'était un long hiver que je n'aimais pas. Pendant les vacances, je suis rentré chez moi, j'en avais besoin. Je ne veux pas trop parler de l'hiver, puisque je n’ai pas apprécié cette période, malheureusement c'était la plus longue.
Peu à peu, je me suis habitué au système scolaire français. Au début, les cours me fatiguaient. En Allemagne je finissais les cours à 13h, alors qu’en France, j’avais cours tous les après-midis. Les profs étaient aussi plus sévères qu’à Stuttgart. Cela m’a posé quelques problèmes, puisqu’ils nous traitaient comme des élèves français, alors que nous venions d’arriver. Je trouve que cela aurait été mieux, s’ils avaient essayé de nous aider au lieu de dire que nous nous comportions comme des touristes. Chez moi, quand il y avait des élèves étrangers, les profs leur demandaient s’ils comprenaient. Si ce n’était pas le cas, ils ne les forçaient pas. Quelques profs auraient pu faire ça au lieu de critiquer. Cela ne sert pas à grand-chose, puisque les élèves sont moins motivés après. Il y avait aussi une plus grande distance entre professeurs et élèves au Gymnase. En Allemagne, ils s’occupent des élèves, ils essaient d’aider quand il y a des problèmes personnels. Mais cela fait partie de leur boulot, contrairement à la France où cela n’est pas le cas. J’avoue que les cours m’ont souvent déprimé en France, même à la fin. C’était un sentiment étrange puisqu’en Allemagne, j’étais presque toujours content d’aller en classe.

Début avril, le groupe de 1e "Allemand intensif" est parti à Berlin. C'était une belle, mais triste expérience qui m'a certainement changé. Après les vacances de Pâques j'ai changé de famille. Je me suis très bien entendu avec elle, en plus, il faisait chaud. J'étais très heureux pendant ces 5 semaines, mais déprimé en rentrant.
Aujourd’hui, je peux dire que j’ai atteint presque tous mes objectifs. Je ne parle pas encore parfaitement le français, mais j’ai fait d'énormes progrès et j’ai beaucoup plus de connaissances culturelles qu’avant. J’ai appris à être indépendant. Le Can qui est arrivé en septembre n’est pas le même que celui qui est parti fin mai. Peut-être que je suis devenu plus sensible, mais aussi plus mature, enfin, je pense. Une chose est certaine, cela n’a pas été mon dernier échange. J’ai découvert ma passion pour la distance. Après avoir passé l’Abitur dans 2 ans, je veux aller en Californie, pour faire mes études là-bas pendant 4 ans ou plus. J’ai envie de partir au loin, mais je sais toujours où je veux partir. Je suis déjà à la recherche de bourses d’études. Mon prochain objectif, c’est donc la Californie, pourrai-je le réaliser aussi?
Je remercie Mme Jouanneau qui s’est occupée de moi pendant toute l’année, mais aussi mes deux familles d’accueil et Mr Piquet qui nous a accompagnés à Berlin.
Merci d’avoir rendu cet échange possible.
Cordialement,
Can Akin
Voici l'article au format PDF (fichier de 500ko) de Bernhard Zeyer
du journal Nord-Rundschau (4. März 2008) sur l'aventure de Can :